mardi 27 novembre 2007

Les fourmis de Paris







Vendredi 23 et samedi 24 novembre :

L'amorce d'une fin de grève des transports devra surement faire "sortir" les Parisiens hors de chez eux, et une météo clémente ne les fera pas rentrer trop tôt... En tous les cas, pas moi!

Vendredi soir: un apéro à Trinité, puis nous décidons de nous encanailler sur la Butte et rejoignons à pied (comme toujours avec moi) la rue des Abbesses, où "Le Sancerre" offre des cocktails doubles à 10e... Installés sur la terrasse, ca caille... Nous faisons la fermeture. Un couple d'Allemands nous demande ou sortir ensuite... Je suis embarassé car je ne peux efficacement leur trouver le nom d'un autre bar sympa dans le coin... On les aiguille vers Pigalle, car ils ne veulent pas bouger trop loin non plus!... Une partie du groupe rentre chez elle et les irréductibles de la goutte se rendent à "la Fourmi", bar nocturne que je ne connaissais pas... Ambiance bobo 200%, dans un décor industriel et chaleureux, gros volume, différents niveaux... bref, un bar très sympa!... Dans ce fourmillement de noctambules, la nuit s'arrete pourtant a 4h du mat'... On me propose un dernier bistrot à Barbès, mais c'est dans la direction opposée... Je décide de rentrer, il vaut mieux...

Samedi soir: après une déambulation autour du Bon Marché et du Conran Shop, notre choix de "resto du sam'di soir" se porte sur une valeur sure à laquelle je me suis, cette fois, deja rendue regulierement, notamment en apres-midi, pour le calme que le lieu procure... Situé à seulement quelques mètres de Notre-Dame de Paris, "la Fourmi ailée" offre un cadre bien cosy pour diner, entouré de livres sous une hauteur de plafond impressionnante... à la bonne franquette et un service tout à fait charmant... une bonne adresse!...

Deux fourmis en un week-end... appelez cela du hasard, c'est tout de meme une belle coincidence, que je ne réalise qu'au moment d'ecrire ces lignes... Cependant, l'heure de la cigale viendra dimanche soir...

Lafayette illuminé




Mercredi 21 novembre

Après les cours, direction Châtelet pour retrouver un pote, boire du rouge et du saucisson (que c'est original!). Dans le métro, a Etoile-CDG, en arrivant sur le quai de la ligne 1, un appel de la RATP interloque tous les usagers... Il est 19h15 et le quai n'est pas trop encombré (eh oui, la ligne 1 fonctionne plutot bien malgré les grèves). Il faut savoir que le quai de la ligne 6 jouxte celui de la ligne 1... "Nous vous informons que le prochain train en direction de Nation partira a 20h30"... Tout le quai éclate de rire! Il y a de quoi!... il faut attendre 1h15 pour le prochain métro, autant y aller à pied... Mais je remarque qu'a cet instant, l'ambiance est détendue... ca me fait toujours plaisir de voir qu'on peut encore prendre de la distance avec la realité...

Donc, j'arrive a Châtelet, une bouteille de vin-qui-tache, puis un Mojito dans un autre bar, et voila que je commence à être carrément gai... Nous rentrons à pied, il est temps, je me lève a 7h le lendemain... Je me retrouve une fois de plus à rentrer chez moi à pied, la nuit, seul, dans Paris... (décidément, cette grève aura permis aux Parisiens de redécouvrir leur ville j'espère... quoi que, ils sortent moins du coup, enfin, bref, c'est leur problème...)

Rebelote sur les Grands boulevards... l'immense revêtement lumineux des Galeries Lafayette est enfin posé... bientôt, les décorations de Noël seront officiellement lancées avec l'inauguration de celles des Champs... Ceci dit, il faudrait quand même que les Galeries pensent aussi à diversifier leurs décorations : certes, chaque année, c'est très beau, et ce tapis de loupiottes doit coûter bonbon, mais tout de même, il faut penser à changer! ne serait-ce que pour le plaisir du passant... Tiens, j'y pense : mais en fait, ces décos de Noël ne servent pratiquement à rien: les grands magasins sont ouverts généralement de 10h à 19h, or, il fait jour jusqu'à 17h30... or, les grands panneaux lumineux des Galeries ne peuvent véritablement s'apprécier que 2h par jour par les passants... Et ne parlons pas des riverains, car y'en a pas des masses dans se secteur... Mais bon, c'est joli, on sait qu'elles sont là et on passe bien une fois par an les admirer car ca symbolise N-O-E-L ...

mardi 20 novembre 2007

Eiffel Magic






Hier soir, direction les Champs-Elysées pour aller au cinéma Le Balzac, voir le film docu sur les trois vies de Klaus Barbie. Un McDo rapido et hop, direction la ptite salle rénovée du fond... on est 2 ds la salle... Seule la dernière partie du film m'a plu (le procès en France, trente ans après) et c'est dans un certain "mood" que j'ai ensuite descendu les Champs, sous la pluie...

Peu de monde le lundi soir, comme d'habitude... L'Avenue est à moi! L'iPhone est branché et je décide de me laisser aller dans le Triangle d'Or... pour une fois que ya personne... et ces dans ces moments ou je me sens privilégié...

Arrivé à Franklin-Roosevelt, je descends l'Avenue Montaigne et que vois-je?... notre chère tour Eiffel qui se dessine au loin, dans la brume, derrière les arbres déjà dégarnis... Je passe devant le théâtre des Champs-Elysées, où se trouve aussi une annexe de Drouot, qui, jolie coïncidence, vient de mettre en vente aux enchères un tronçon de l'escalier hélicoïdal emprunté par Gustave Eiffel lui-même lorsqu'il a hissé le drapeau francçais au sommet de sa tour lors de l'inauguration de l'Exposition universelle de 1889... L'escalier est parti a 180 000 euros...

J'arrive au niveau de la brasserie Chez Francis à Alma, il est minuit pile, et la Dame de Fer s'illumine tout-à-coup de l'autre côté de la Seine... un moment magique... la chanson "Moon River" vient enchanter la scène et l'ambiance devient d'une poèsie rare... Dans notre quotidien, on oublie parfois qu'un immense Phare métallique et doré est toujours là, présent, pour nous rappeler que Paris mérite encore son pseudonyme de "ville-lumière"...

Je longe la Seine, et arrive à la hauteur du Grand Palais, rénové... Qu'il est calme en ce lundi soir... Je reviens vers les Champs et mon grand Charles se tient là, droit, immortel, face à Clémenceau. Certains passants me voient mitrailler sa statue de photos sous différents angles mais ils ne semblent pas avoir remarqué la projection de son ombre sur l'entrée latérale du Grand Palais... pourquoi ne prennent-ils pas le temps d'observer?... Tant pis pour eux...

Arrivé à Concorde, la grande roue ne brille plus, il fait toujours aussi froid... Je prends la rue Royale et me souvient d'un vestige d'un autre temps, que peu de monde a encore en mémoire: l'avis de "Mobilisation générale" de 1914, situé contre le Ministère de la Marine. Décidément, Paris est plus que jamais un musée d'histoire, qui s'offre à qui veut vien le voir...

Il est temps de rentrer chez moi, les yeux remplis d'instants magiques qui me font plus que jamais penser que Paris est la ville la plus élégante et poétique du monde... Profitez-en!

lundi 19 novembre 2007

iPhone is mine!


Lundi 19 novembre

J'ai mon iPhone!! ... Bon, ok, vous vous en doutez, il m'a été rapporté des Etats-Unis et j'ai réussi à le faire débloquer... En effet, je suis chez SFR et l'iPhone ne sera commercialisé en France qu'avec l'opérateur Orange.

Alors, pour l'instant, tout fonctionne bien et j'avoue que c'est assez plaisant d'avoir un terminal unique pour le téléphone/iPod/photos/internet... Cette convergence ne me semble pas prête de s'arrêter et à terme, il est raisonnable de penser (et de souhaiter) qu'un seul appareil concentre toutes ces applications de l'homme moderne et mobile. Cela prendra encore pas mal de temps (et d'argent) mais ca devrait devenir la norme!...

Bon, SFR ou Orange, soyez cool... ne me bloquez pas! je l'aime bien l'iPhone... il me permet d'alimenter ce blog en photos ... thx!
;-)

Cruising New-York


Dimanche 18 novembre

Aujourd'hui, temps maussade, Paris ne me verra pas pointer le nez à l'exterieur... Ce sera une journée devant un film que je veux voir depuis quelque temps: CRUISING (1980) de William Friedkin, avec Al Pacino.

J'en ressors assez déçu. C'est l'histoire d'un flic ambitieux qui accepte une mission d'infiltration dans le milieu homo SM new-yorkais des 80's afin d'arrêter un sérial-killer qui sévit dans le milieu. On pouvait s'attendre à une longue descente aux enfers de la part d'un inspecteur (hétéro) qui découvrait là un autre monde, une autre sexualité etc... mais non. Le récit ne se tient pas, il manque de rythme et on nous laisse entendre qui est le coupable sans vraiment le désigner. Logique, rappelons que le film a fait polémique à sa sortie et on se prend même à s'étonner qu'une telle entreprise ait été menée (aujourd'hui, un tel sujet n'aurait carrément aucune chance de se réaliser)! Le personnage d'Al Pacino aurait du aller plus loin dans sa remise en question (il se sépare de son amie le temps de l'enquête) jusqu'à être réellement tenté afin d'aller jusqu'au bout de sa descente aux enfers... Finalement, malgré certains plans choc, rien n'est montré et on reste à la surface d'une intrigue qu'on aurait voulu encore plus poisseuse, inquiétante...

Friedkin poursuit cependant son introspection de la ville de New-York, dans ses années de doute. Après "French Connection" (et une splendide course-poursuite réelle d'une demi-heure entre une voiture et le métro aérien), le réalisateur de "L'exorciste" montre ici, une fois de plus, une image de NYC froide, solitaire, sale... Cette représentation noire correpond aux années de doute de l'Amérique qui se cherche, dans les années 70, où sa puissance est contestée un peu partout dans le monde... Il faudra attendre Reagan et son fameux "America is back" et la reprise en main de NY par Giuliani pour que la représentation de NY au cinéma s'améliore, un peu d'ailleurs comme celle de Paris. Nombre de films de cette époque montrent en effet un Occident qui n'arrive plus à affirmer sa puissance dans le monde comme il le faisait auparavant. L'enfoncement durable dans la crise économique et le chômage allait de pair avec des films qui montraient cette réalité. D'où le sentiment aujourd'hui de malaise quand on revoit ce genre de films... Depuis, le cinéma a réappris à faire rêver... pour le meilleur ou pour le pire, selon comment c'est fait...

Bientôt, la représentation de Paris au cinéma... :-)

Paris always






Samedi 17 novembre

Ah j'adore le samedi !! j'aime me promener dans Paris et observer toute cette faune grouillante d'anonymes, qui s'agite dans ma ville, profite de sa beauté et oublie parfois de s'arrêter pour l'admirer...

Un samedi banal : un ptit tour aux Grands Magasins... mais tout petit tour, car ca devient vite énervant, normal! Direction Place Vendôme (où les décos de Noel arrivent aussi: cette année, des candélabres blancs enrobés de plastique sur toute la place et la rue de la Paix), puis le tour obligé aux Tuileries, et enfin descente vers le Louvre... Profiter de mon temps libre...

Et quelles vues... je vous laisse juges...

Nissim de Camondo





Vendredi 16 novembre

Les grèves continuent, donc j'en profite pour me rendre enfin dans un musée parisien proche de chez moi, à pied, dans le froid (dur de tenir sa clope quand on marche dans le froid)... le Musée Nissim de Camondo, que je voulais voir depuis plusieurs années! Quel meilleur moment qu'un beau jour de semaine pendant les grèves... Résultat: le musée vide, pour moi tout seul...

Petit récapitulatif : ce musée est en fait la demeure d'une grande famille juive d'Istanbul, qui a émigré en France fin XIXe et s'est fait construire cet hotel particulier en bordure du Parc Monceau, avec tout le confort contemporain de l'époque, dans un décor XVIIIe. J'en avais entendu parler après avoir vu un documentaire sur Visconti, qui s'était rendu dans cette maison lors des repérages de son projet d'adaptation ciné de "La Recherche..." de Proust. En effet, cet hotel a conservé tout le charme des années 1900, puisqu'il a été achevé en 1914, quelques mois avant le début de la guerre...

Le destin tragique de la famille Camondo reste attaché à l'esprit des lieux, assez mortifère. Demeure de réception, tournée vers la fête et l'apparat, l'ambiance qu'on ressent n'est pourtant pas à la gaieté. L'unique héritier mâle de la famille (Nissim) meurt en 1917... Son père Moïse, inconsolable et divorcé, se renferme dans cette maison-tombeau, tandis que sa fille part habiter Neuilly. Il meurt en 1935 et lègue sa maison à l'Etat. Sa fille et ses petits-enfants seront ensuite déportés à Auschwitz en 1943...

Autant dire que le luxe de cet hotel particulier, réalisé sur-mesure, contraste avec l'absence de vie qui s'en dégage... Tel un voyeur, on se promène dans l'intimité d'une famille qui n'a pas été épargnée par l'histoire... Dans cette opulence de richesse et de détails, on ressent la folie "baroque" de la bourgeoisie européenne du début du siècle, certaine de son rang, qui preferait se réfugier dans la fête et l'insouciance, refusant de voir l'imminence d'une guerre qui allait ravager l'Europe.

A quand un film sur le destin de cette famille transhistorique? ... J'en suis...